Lundi 12 janvier 2009

La FSESJ, la Faculté des Sciences Economiques, Sociales et Juridiques de Mulhouse s'est jointe au mouvement de protestation des universitaires concernant le projet de décret modifiant le statut des enseignants chercheurs et a adopté la motion ci-dessous:
"Les universitaires soussignés, professeurs et maîtres de conférences, 

Après avoir pris connaissance des dispositions projetées en vue de réformer leur statut 

Rappellent 
Que l'enseignement supérieur trouve sa raison d'être dans la transmission, principalement dans les cours dispensés aux étudiants, d'un savoir constamment enrichi par les recherches; 
Que cette fonction suppose une indépendance qui ne peut être assurée, dans ses principes, que par la voie législative; 
Que les carrières des universitaires doivent dépendre exclusivement d'organes assurant leur représentation propre -c'est à dire majoritairement composés par des membres du corps- et authentique -c'est à dire appartenant à leur discipline. 

Constatent 
Qu'en méconnaissance de ces principes, il est envisagé de régler leur statut par voie de décret en laissant, en outre, aux conseils d'administration des universités de larges compétences pour l'appliquer alors que la composition de ces conseils ne garantit pas une représentation propre et authentique seule à même d'assurer l'indépendance dont l'Université a besoin; 
Que le projet rompt avec une conception de la fonction universitaire partagée à l'étranger et, en particulier dans les pays voisins alors que le manque de moyens des universités rend déjà difficile l'accomplissement de leurs tâches essentielles; 
Que l'affirmation du projet selon laquelle le service des enseignants se partage entre enseignement et recherche est immédiatement contredite par l'obligation d'assumer, sans que les conditions en soient clairement précisées ni l'évaluation assurée, des tâches sans rapport avec ce service; 
Que l'absence d'une définition précise des deux fonctions d'enseignement et de recherche est d'autant plus dommageable que le projet accorde une plus grande place à une procédure d'évaluation qui n'offre aucune garantie; 
Que l'alourdissement du service actuel des enseignants-chercheurs est incompatible avec l'accomplissement de leurs missions. 

Demandent 
Que le déroulement de la carrière de chaque universitaire dépende d'une appréciation portée par ses pairs, de même spécialité; 
Que la modulation du service - si elle était instituée - ne puisse être décidée qu'en fonction de critères objectifs définis au niveau national, et assortie de recours appropriés. 
Que cette appréciation soit, pour l'essentiel, effectuée au niveau national, en vue d'éviter le clientélisme; 
Que l'identité disciplinaire soit reconnue et protégée en confiant les promotions à une instance nationale et non en donnant à un conseil d'administration dont la composition n'assure nullement la représentation de toutes les disciplines une place déterminante pour la promotion des maîtres de conférence à la « hors classe» et des professeurs à la première classe; 
Que le service statutaire soit uniquement défini par un volume maximum d’heures de cours en fixant une équivalence pour les activités administratives liées à l’enseignement et à la recherche (par exemple, direction d’UFR, de diplômes, d’équipes de recherche, mandat au CNU, responsabilité dans les relations internationales de l’université) ; 
Que, dans la perspective de l’évaluation, la définition des enseignements et de la recherche soit établie en fonction des exigences scientifiques propres à chaque discipline et non à partir de critères abstraits dont l’application favorise l’arbitraire; 
Que la place d’un CNU légitimé par l’élection, seule institution susceptible d’assurer la représentation des disciplines, soit complètement restaurée en imposant son avis conforme pour toute proposition d’avancement ; 
Que les membres du CNU se voient offrir des conditions de travail décentes (secrétariat et décharges de service) ; 
Que les candidatures des professeurs associés soient appréciées par le CNU ; 
Que le texte ne soit pas adopté en l’état ; 
Que toute réforme du statut des enseignants-chercheurs prenne en considération les propositions déjà faites par les universitaires et dont la motion se fait l’écho. 

Déclarent 
Qu’à défaut ils sont déterminés à engager toute action propre à empêcher l’adoption de ce texte."
Souhaitons simplement que ces mesures soient le moins préjudiciable possible au suivi normal des enseignements.

Par aigrefin - Publié dans : L'info en vrac... - Communauté : Réformer la France
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus