Samedi 6 décembre 2008
     
     C'est une réalité par trop éclatante pour que l'on s'attarde ici à la démontrer : à de très rares exceptions près, la gauche occupe la quasi-totalité du paysage médiatique et intellectuel français. Si cette situation est due pour partie à la propension notable qu'ont ses fabricants de « prêt à penser » à pratiquer la cooptation de leurs caudataires, elle ne doit pas pour autant masquer et encore moins excuser l'incapacité de la droite à se construire une légitimité. Il est vrai que sitôt que la droite tente de sortir de l'un de ses bastions que sont le libéralisme et la sécurité des français, pour essayer empiéter sur des domaines étrangers, comme la solidarité ou l'enseignement, elle se voit obligée d'essuyer un tir de barrage nourri, lui interdisant toute progression. La faute certes, à un terrorisme de pensées désormais bien huilé qui veut que soient fascistes tous ceux qui sont moins à gauche que la gauche, mais également à une indigence intellectuelle criante de la droite qui l'empêche de s'adapter aux règles d'un jeu dictées depuis maintenant trop longtemps par son adversaire. Car c'est bien la gauche qui depuis mai 68 impose son schéma de représentation du monde à la droite, l'obligeant à se positionner sur un terrain qu'elle ne maîtrise pas. La droite parle-t-elle d'économie de marché ou d'insécurité ? La gauche répond que ce ne sont pas là des pièces qui se trouvent sur l'échiquier de la lutte des classes ou de sa version édulcorée, celle du combat contre les inégalités. En imposant les termes du débat, la gauche est parvenue à asseoir sa suprématie morale dans l'opinion, contraignant la droite à rester sur la défensive. Quand la gauche affirme, la droite proteste. La droite, elle, n'affirme plus : elle se justifie, en amont comme en aval de ses discours, précautionneuse jusqu'à l'excès, de crainte que le moindre de ses propos ne se voit cloué au pilori des idées à bannir. Mais il s'agit-là de suprématie et non de supériorité, au sens qualitatif du terme, car la gauche souffre d'un vice majeur : celui de ne pas avoir voulu ou su adopter une grille lecture pragmatique des évènements affectant la société, celle de l'homme de la rue dont la vue n'a pas été embrumée par les maladies contractées au voisinage trop proche d'une ligne de partie. En abandonnant le réalisme au profit de l'idéologie, en privilégiant les mensonges qui rassemblent à la vérité qui sépare, la gauche a bien fait montre d'une habileté certaine à se promouvoir, mais s'est aussi enfermée durablement dans des habitus de pensées qui, s'ils ne causent pas sa ruine, pourrait bien provoquer celle du pays. 
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Par aigrefin - Publié dans : Actualité et Politique - Communauté : La Cyber-résistance
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